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Escrime Artistique et Escrime de Spectacle

 

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28 novembre 2009 6 28 /11 /novembre /2009 12:11

Des gardes & contregardes

 

Celui qui prétend de se faire professeur de la science des armes, a besoin de la connaissance de plusieurs choses. Dont pour donner commencement à ces miennes leçons, je traiterais premièrement des gardes & contregardes, c’est à dire des postures & contre postures, de l’épée, pour ce que c’est la première chose, à laquelle survenant quelque occasion de querelle, il faut avoir égard, pour se pouvoir assurer de l’ennemi.



 

Pour donc se mettre en garde, il y a beaucoup de choses à observer, comme on peut voir es figures suivantes : A savoir de se mettre à pieds fermes, iceux étant la base et fondement de tout le corps en pas juste, plutôt restreint que trop long le pouvoir accroître : tenir l’épée & le poignard bien ferme en la main, tantôt haut, tantôt bas, tantôt étendu : l’épée aussi, tantôt haute, tantôt basse, tantôt du côté dextre, tantôt au senestre, selon que l’occasion de détourner ou de donner le coup se présente, de sorte que l’ennemi tirât de la pointe ou de taille, on le puisse détourner & blesser en même temps, avec la vie, ou le corps disposé et prompt.

 

Pour ce la disposition & promptitude du corps faillant, ce sera chose facile à l’ennemi, de le mettre en désordre, ou par une traverse, ou par un coup droit, ou par un coup de pointe, ou par quelque autre manière, en sorte que combien on voudrait réparer, ou détourner le coup, on demeurerait toutefois en danger. Et faut être averti, que le poignard doit garder l ‘épée de l’ennemi, pour parer le coup que l’ennemi voudrait donner : & que l’épée regarde toujours la partie découverte de l’ennemi, en sorte qu’en tirant le coup il en demeure blessé. Et en ceci consiste tout l’artifice de cette profession. Puis faut-il aussi noter que tous les mouvements de l’épée sont des gardes à celui qui les peut connaître : & que toutes les gardes sont bonnes à celui qui s’en sert dextrement : Mais au contraire nul mouvement sert de garde à celui qui ne s’y entend : & ne peut être bon à celui qui n’en sait faire.

 

Cette profession ne requiert autre chose que science et exercice : & étant exercée donne la science. C’est un artifice de se mettre en garde à découvert : & se fait afin que l’ennemi voulant donner le coup, se mette en désordre & danger. Aussi est-ce un artifice de s’y mettre à couvert, en sorte que serrant l’ennemi on le puisse atteindre. Donc on s’aperçoit, que toute garde est utile à celui qui l’entend, & ne profite à rien à celui qui ne l’entend point. Et voici quant aux gardes.

 

Quant aux contregardes : Faut noter que celui qui a la connaissance de cette profession, jamais ne se mettra en garde, mais tâchera de se mettre en contregarde. Et pour se mettre en contregarde, il faut être averti, de se mettre hors de mesure, c’est à dire, en distance, avec l’épée et le poignard haut, la vie forte, & le pas ferme & assuré. Puis faut considérer la garde

de l ‘ennemi ; en après le serrer peu à peu, de l’épée avec assurance de la sienne, à savoir en joignant l’épée à celle de l’ennemi, en la couvrant en sorte qu’il ne puisse donner coup, s’il ne cave ou tourne l’épée. Et en voici la raison : s’il tourne l’épée, il fait deux temps : le premier est, le tour même, qui est le premier temps, puis il donne le coup, qui est le second. Et cependant qu’il tourne, il peut être blessé de plusieurs manières (comme on verra es figures de ce mien livre) devant qu’il ait le temps de pouvoir donner le dit coup. Mais s’il change de garde en contregarde, il le faut suivre avec l’épée au devant, et s’assurer toujours de son épée avec le long du poignard : en sorte que toujours au premier temps du tour de son épée, il puisse être atteint, & ne puisse donner coup sinon en deux temps : desquels on se pourra réparer très facilement : Ce qui suffira quant aux gardes & contregardes.

 

 

Du temps & de la mesure

 

 

Ce n’est point pour bien pouvoir se mettre en garde ou contregarde, ne pour savoir bien tirer l’estoc, une mandritte & traverse, ne pour savoir nouer les mains ou manier bien l’épée, qu’on est estimé de bien réparer & frapper : ainsi pour bien s’entendre au temps & à la mesure. Et celui qui ne s’y entend, combien qu’il répare, & combien qu’il frappe, si ne peut-on dire, qu’il sache bien réparer & frapper, pour ce que tant au frapper qu’au réparer il peut commettre quelque erreur, & encourir en mille dangers.

 

Ayant donc traité des gardes et contregardes, s’ensuit que je traite aussi du temps, pour s’y pouvoir accommoder sachant quand on doit réparer ou frapper.

 

Par la mesure on entend tel espace ou distance, qu’on puisse atteindre l’ennemi de l’épée : & quand on se Tient plus loin, & on ne le peut plus joindre on se dit être ou se tenir hors de mesure.

 

Le temps se connaît en cette manière : Si l’ennemi est en garde, il se faut mettre hors de mesure, & se tenant aussi sur la sienne, s’assurer avec son épée de celle de l’ennemi, & bien prendre garde à ce qu’il veut ou peut faire :

 

S’il cave, c’est un temps auquel on peut le frapper 

 

S’il change de garde, ce changement est un temps 

 

S’il se tourne, c’est un temps

 

S’il s’approche pour venir en mesure, cependant qu’il chemine devant d’y parvenir, c’est un temps, auquel il peut être frappé

 

S’il tire le coup soit d’estoc ou de taille c’est encore un temps de parer & frapper ensemble

 

S’il se tient en garde pour attendre, c’est aussi un temps, auquel il faut le serrer & le frapper.

 

Etant en mesure ou on le trouvera découvert. Or tout mouvement de poignard, d’épée, de pied, & de corps, comme quand on se met en garde, est un temps duquel on se peut servir. Car il y a en ces mouvements certains intervalles, lesquels l’ennemi étant empêché sans doute peut être prévenu et frappé : Vu qu’en se mouvant il ne peut frapper. Et voici la mesure & le temps, desquels il faut avoir bonne intelligence pour bien pouvoir parer & frapper. Ce qui sera montré plus distinctement les leçons et figures suivantes.

 

Comment on tire d’estoc

 

 

Après avoir traité à suffisance des gardes, contregardes, mesures & temps, il est nécessaire  de montrer & donner à entendre, comment il faut porter la vie pour tirer une estocade, & se sauver. Car pour bien apprendre cet art, il faut premièrement bien savoir porter la vie, & tirer l’estoc de loin, comme on le voit en cette figure : Et c’est en quoi le principal consiste, à savoir, au tirer de l’estoc long, vite, fort, subit, & se retirer hors de la mesure. Or pour tirer la stoccade longue, il se faut mettre en pas juste et ferme, plutôt court que long, pour le pouvoir accroître, & en tirant la stoccade, étendre la main de l’épée, pliant le genou autant qu’on peut. La vraie manière de tirer d’estoc est, qu’après s’être mis en garde, on étende ou avance le bras & le corps en même temps, en sorte que l’ennemi en soit atteint devant qu’il s’en puisse donner de garde. Car si on avançait la vie, l’ennemi s’en apercevrait, & se servant du temps, il pourrait parer & frapper en même temps.

 

Pour se retirer en arrière, il faut faire le commencement de la tête. Car la retirant tout le corps la suit : & puis le pied est aussi retiré. Car si on retirait le pied premièrement, la tête et le corps demeureraient avancés non sans danger.

 

Pour donc bien apprendre cette science, il se faut exercer à bien tirer cette stoccade, laquelle étant bien apprise, tout le reste se comprendra tant plus facilement, comme au contraire, sans l’avoir bien à commandement, on se travaillera en vain au reste. C’est pourquoi, amis Lecteurs, que je la répèterais souventefois es leçons suivantes, selon que l’occasion se présentera, à fin qu’elle soit tant mieux comprise avec

 

Toutes ses diversités, & ne soit pas besoin de m’objecter, que je redis souvent la même chose.

 

 

Pourquoi l’Auteur commence par l’épée

 

 

Ayant proposé de traiter en ce premier livre de deux sortes d’armes seulement, à savoir de l’épée seule, ou de l’épée et du poignard ensemble : j’ai voulu faire le commencement par l’épée, d’autant que c’est l’arme plus commune et usitée : réservant le traité de plusieurs autres armes pour un autre livre, lequel j’espère de publier, s’il plait à Dieu en bref. Et celui qui sait bien manier l’épée, saura aussi n’aucunement manier toutes les autres sortes d’armes. Mais d’autant qu’on ne se sert partout du poignard & de la rondache : voire advenant souvent qu’il se faut aider & défendre de l’épée seule, je veux bien avertir les amateurs de cette science d’apprendre devant toute chose, de bien apprendre à jouer de l’épée, combien qu’il serait assuré d’avoir le poignard & la rondache en les querelles à son commandement, afin, que comme il advient, le poignard ou la rondache lui tombant de la main, il se puisse défendre & se servir de l’épée seule. Joint que celui qui sait bien manier l’épée seule, s’en servira aussi bien & au parer & au frapper, comme s’il avait aussi le poignard.

 

Des gardes ou Postures

 


Figure 2 & 3

 

Il y a beaucoup des gardes sur l’épée seule, comme aussi des contregardes. Mais en ce livre, je ne montrerais que deux sortes, tant des gardes, que des contregardes, desquelles on se pourra servir en toutes les autres leçons qui seront proposées en ce livre.

 

Devant donc d’effectuer votre dessein, vous irez serrant l’ennemi hors de mesure, vous assurant de son épée par la vôtre, la mettant & tenant sur la sienne, en sorte qu’il ne puisse donner coup sinon en deux temps, à savoir en tournant l’épée qui sera l’un, & en donnant le coup, qui sera l’autre. Et vous accommoderez en cette manière contre toutes les gardes, basses ou hautes, selon que vous verrez que l’ennemi l’accommode, étant toujours averti de ne donner à l’ennemi commodité ni occasion qu’il vous puisse battre en un seul temps. Ce que vous ferez, si vous vous gardez que la pointe de son épée ne vaye jamais droite sur votre corps, en sorte que s’avançant subitement il ne vous atteigne.

 

Vous couvrirez donc l’épée de l’ennemi avec la vôtre, comme vous voyez en cette figure, en sorte que l’épée de l’ennemi soit au dehors de votre vie, & ne vous puisse toucher si elle ne cave, ou est tournée, ou vous vous tiendrez assuré sur vos pieds, le corps ferme, avec le bras de l’épée étendu, & raide pour pouvoir parer & frapper, comme il est montré en la figure. Si [vous] voyez l’ennemi en une garde haute ou basse, & ne vous mettez contre cette sienne garde, & ne vous assurez de son épée, vous vous trouverez en grand danger, combien que l’ennemi serait moindre & en la science & en la pratique : vu que vous pourriez rencontrer & blesser tous deux ; ou bien il vous pourrait arrêter, ou mettre en obéissance par feintes ou cavades de son épée, ou par  autres choses qu’il pourrait entreprendre. Mais vous étant assuré de son épée comme j’ai dit dessus, il ne se pourra mouvoir ou faire

 

Aucun acte, sans être aperçu de vous, & qu’ayez & temps & occasion de vous réparer.

Ces deux figures feront deux gardes, avec les épées au devant, & deux contregardes en couvrant l’épée ennemie. L’une se fait en serrant l’ennemi dedans voye (vous ?), l’autre le cherchant par dehors, comme vous voyez en ces figures, & sera encore démontré es leçons suivantes.

 

Déclaration comment il faut frapper En temps

 


Figure 4

 

 

Cette figure vous enseigne comment vous frapperez l’ennemi cependant qu’il tourne son épée. Et le ferez en l’allant serrer hors de mesure, mettant votre épée sur la sienne par dedans, comme vous voyez en la figure de la première garde, ainsi qu’il ne pourra frapper sans tourner son épée. Et alors en ce même temps qu’il la tourne pour vous frapper, vous avancerez votre épée en tournant le nœud de la main, & le frapperez au visage, comme on voit en la figure. Et si par aventure vous voudriez premièrement parer, & frapper en après, la chose ne vous pourrait succéder,  vu que l’ennemi aurait le temps de reparer, et vous demeureriez en danger : mais si au temps qu’il cave de son épée, vous le serrez subitement avec la vôtre, tournant le nœud de la main, & reparant, l’ennemi se pourra difficilement aussi reparer.

Ayant fait ceci, & l’ennemi étant atteint ou non, vous retirerez pour vous assurer, hors de mesure, tenant toujours votre épée sur celle de l’ennemi sans l’abandonner jamais.

Mais si par aventure l’ennemi ne tournait son épée pour vous frapper, je veux que vous l’alliez serrer au dedans de la mesure, & lui donner subitement un coup d’estoc, ou il sera découvert, & vous retirer subitement tenant toujours, comme je l’ai dit, votre épée sur la sienne.

 

Le vrai moyen de serrer l’ennemi & le Frapper, cependant qu’il tourne L’épée

 


Figure 5

 

 

Apprenez de cette figure, que si votre ennemi était en une garde avec l’épée au côté senestre, haute ou basse, comment vous l’irez serrer au dehors de son épée, hors de mesure, tenant votre épée sur la sienne, ainsi qu’à peine elle ne la touche, au pas juste et fort, & que votre épée soit en (acte ?) de parer & de frapper avec l’œil bien vif, comme vous voyez en la seconde figure des gardes & contregardes. Et vous tenant en cette manière, l’ennemi ne vous pourra frapper de la pointe, s’il ne cave ou tourne l’épée. Et cependant qu’il la cave tournez le nœud de la main, & tirez lui une estocade en même temps, comme vous est enseigné en la quatrième figure. Et après avoir tiré ladite estocade, vous vous retirerez subitement & en même temps en arrière & hors de mesure, appuyant votre épée sur la sienne afin que s’il voulait caver derechef, vous lui puissiez tirer une autre estocade, tournant, comme auparavant, le nœud de la main, & vous retirant derechef hors de mesure. Et autant de fois qu’il cavera, autant de fois vous lui tirerez cette estocade, en tournant comme il a été dit, le nœud de la main.

 

Pour bien jouer ce jeu, il se faut diligemment exercer comme étant le moyen principal, par lequel on apprend à parer & frapper avec dextérité, & grande vitesse. Cependant il faut être averti, de se tenir toujours ferme sur le corps, & reparer avec force, sur le fort de votre épée. Car si l’ennemi tire puissamment, & vous le reparez de même, il sera mis en désordre,

en sorte que vous pourrez frapper ou il se sera découvert. Et ceci sera la première leçon qu’on doit apprendre en l’épée seule, d’autant que d’icelle proviennent toutes les autres que j’ai comprises en ce livre. Et vous en sachant bien servir, & en temps, vous verrez comment il faut parer tous les coups tant de taille que de pointe, qui viennent résolus devers la tête, comme je montrerais de main en main es leçons suivantes.

 

La vraie manière de caver, ou tourner l’épée.

 

 

[Dans les] deux figures qu’avons mises dessus, ais-je montré, comment on frappera l’ennemi, cependant qu’il cave son épée : Et afin qu’il n’y aie rien en ces miennes leçons, qui ne soit plus claire, je veux aussi montrer le moyen de bien savoir caver l’épée. Par quoi notez, que votre ennemi s’étant accommodé en une garde, de quelconque sorte qu’elle soit, & vous l’aurez serré, vous lui tirerez une estocade au lieu que vous trouverez découvert. Et s’il sera autant avancé que vous en cette science, vous demeurerez toujours égaux avec les épées. Mais alors je veux que vous caviez, ou tourniez votre épée sous la garniture de celle de l’ennemi, tournant vitement la main, & lui tirant une estocade en même temps, vers le lieu que vous trouverez découvert. Et celui ci est le vrai & sûr moyen, de savoir tourner l’épée & frapper en un même temps.  Et si vous cavez votre épée sans tourner le nœud de la main, vous donnerez temps & lieu à l’ennemi de vous frapper : comme vous le trouverez très bien en vous éprouvant & vous exerçant. Et si l’ennemi reparait, vous retournerez au caver en la manière susdite, tournant toujours le nœud de la main, ce que vous ferez toutes & quantes qu’il reparera, qui est le plus assuré & le plus facile, tirant l’estocade en même temps que vous cavez. Et cette manière de caver n’est moins nécessaire, que celle que j’ai enseignée en la déclaration de la figure précédente du reparer, étant la chose principale qui est requise au maniement de l’épée seule. Dont j’avertis tous les amateurs de cette science, de se bien exercer en ces deux choses, afin qu’étant en mesure contre l’ennemi, & en temps de caver l’épée, ils la sachent caver bien & promptement : & en temps de parer, ils le fassent aussi comme il est requis.

 

De la contrecavation au dedans de l’épée

 


Figure 6

 

 

En cette figure je montre & enseigne une autre sorte de parer & frapper par le moyen de la contrecavation : laquelle se fait en la manière suivante : qu’ayant couvert l’épée de l’ennemi, en sorte que voulant frapper il faut qu’il cave : Et alors cependant qu’il cave, je veux que vous caviez aussi, en sorte que votre épée retourne en son premier lieu, couvrant toujours celle de l’ennemi : mais en cavant, & vous servant du temps, vous lui tirerez une estocade, ou vous le trouverez découvert retirant le corps quelque peu devers le côté droit, & tenant le bras toujours étendu, en sorte que s’il s’approche pour vous frapper, il se blesse soi-même. Et après avoir donné l’estocade, vous vous retirerez arrière & hors de mesure.

 

De la contrecavation de l’épée par dehors

 



Figure 7

 

 

Cette sorte de frappe par le moyen de la contrecavation par dehors, est semblable à la contrecavation par dedans : ayant seulement cette différence, que votre ennemi étant en garde, & vous venant serrer : vous étant hors de mesure, vous devez mettre à l’encontre de sa garde, & vous assurant de son épée par dehors, fassiez qu’il prenne la résolution de caver : Ou cependant qu’il cave, vous caverez aussi en même temps, tournant la pointe de votre épée sus la sienne, avec le tour du nœud de votre main, vous vous appuierez sur le fil de votre épée, & le suivrez avec le bras étendu, & le corps aussi de même, avec le pas croissant, comme vous voyez en la figure, vous le frapperez sans faute, devant qu’il s’en puisse apercevoir pour réparer.

 

Mais il faut être averti, que si l’ennemi donne un coup raide : & vous voulez caver : il faut qu’en cavant vous vous retiriez arrière, afin que ne soyez atteint de son épée : & vous soyez assuré. Joint que l’ennemi ayant tiré avec force, il se sera mis en désordre, en sorte qu’ou il se blessera soi-même en votre épée, ou bien vous donnera l’avantage de le pouvoir frapper ou bon vous semblera. Ayant bonne mémoire de tenir toujours son épée au dehors de votre corps, afin que n’en soyez atteint.

 

Déclaration des feintes

Et Premièrement du semblant de caver l’épée Avec le nœud de la Main

 


Figure 8

 

Les manières de frapper sont diverses, donc aussi il y aura de la diversité en mes leçons. Mais que personne n’attende, que j’y raconte toutes les choses qui se peuvent faire en cette profession : car elles étant infinies, mon livre croîtrait aussi en infini, ou pour le moins en telle grandeur, que le lecteur en serait plutôt chargé qu’instruit. Donc je procèderais choisissant toujours celles là, qui me sembleront les plus belles, plus artificieuses, & plus utiles : & desquelles naissent plusieurs autres plus faciles, & qui ont moins d’artifice.

 

Or entre toutes les manières de frapper artificieusement, la feinte, selon mon opinion, est la plus excellente. Laquelle n’est autre chose, que de faire semblant de vouloir faire une chose, & incontinent d’en faire une autre. Et ceci se fait en diverses manières. Je veux donc, que vous vous mettiez en pied, & sur le côté dextre, avec l’épée avancée, le bras droit & étendu, pour donner occasion à l’ennemi de vous venir serrer. Et quand il sera venu avec vous en mesure, regardez s’il prétend de frapper à pied ferme, ou au pas : ce que vous connaîtrez au caver qu’il fera de son épée, alors vous caverez aussi votre épée en tournant le nœud de la main feignant de lui vouloir tirer une estocade au visage : mais il faut tirer loin de l’épée de l’ennemi, afin qu’il ne trouve la votre : & si l’ennemi ne pare, vous la tirerez résolument, car vous l’atteindrez sans faute,

 

Mais s’il pare, vous recaverez en ce même instant votre épée, & frapperez, comme vous voyez en cette figure, en laquelle l’ennemi se blesse à l’improviste soi même. Mais soyez avertis qu’au recaver l’ennemi ne trouve votre épée : car alors la chose ne vous succèderait ;&qu’au caver, vous retirerez la tête & le corps quelque peu, pour voir l’opération de l’ennemi. Car s’il tirait, & que vous ne vous retiriez en arrière, vous feriez une rencontre en laquelle vous demeureriez tous deux blessés. D’avantage il faut aussi être averti de caver avec le fil droit de votre épée, par le fil de l’épée ennemie, tournant le pouls en haut, en frappant de votre épée sur le plat ou le débile (debole = faible) de celle de l’ennemi :& de vous retirer ou assurer hors de mesure, comme il a été dit, aussitôt que vous aurez tiré l’estocade , soit feinte ou résolue.

 

La feinte se fait en cette manière : Premièrement on montre l’épée devers la face, ou devers la poitrine de l’ennemi, avec le bras étendu, sans mouvoir le pas :Et si l’ennemi se met à reparer, vous tournez en même temps votre épée, & avançant le pas vous l’atteindrez sans être apperçu.

 

Et s’il ne pare, vous croiserez le pas & le frapperez. Et voici la manière de frapper par feinte.

Les deux figures suivantes, combien qu’elles se ressemblent, si sont elles diverses, montrant deux manières de feindre, avec quasi un même dessein de frapper. Et encore que ce fût assez d’y mettre seulement l’une, sur laquelle on pouvait découvrir, & montrer diverses manières de feindre pour donner le coup : toutefois pour montrer clairement la diversité des feintes, j’en ai voulu mettre deux des plus différentes ; comme vous verrez en la déclaration.

 

Comment on frappe en la poitrine de l’épée seule, étant en mesure & égal en l’épée

 


Figure 9

 

En la présente figure est proposée une manière artificieuse de frapper l’ennemi en la poitrine, & de s’assurer de son épée, en sorte qu’il ne vous puisse empêcher ou frapper, cependant que vous passez pour lui donner le coup, qui se fait en la manière suivante. Il se faut mettre en garde avec l’épée avancée au côté senestre. Et si l’ennemi vous viens serrer, & veut couvrir votre épée de la sienne, laissez le approcher jusqu’à ce qu’il soit en mesure avec vous ; Et y étant venu, vous caverez mettant votre épée au dedans de la sienne, montrant la pointe devers la face de l’ennemi ; & s’il ne se met à parer, frappez le résolument, cheminant comme j’ai dit dessus, avec le fil droit de votre épée par le fil de la sienne tournant le pouls, & tirant le corps un peu de travers. Mais si l’ennemi, cependant que vous cavez, vient à reparer, & frapper, ne tirez point l’estocade, ains tenez la pointe de votre épée quelque peu au dehors, & au même temps qu’il veut parer & frapper, recavez  votre épée sous les garnituresde la sienne, en sorte qu’elle regarde sa poitrine, & ainsi vous l’atteindrez assurément, en croisant le pas avec l’épée, comme vous voyez en la figure.

 

Etant averti de la caver & l’épée en même temps, (sans la tenir ?) ferme, afin que l’ennemi ne la vienne trouver, & cependant qu’il passe avant, vous vous avancerez aussi au dehors, étant la main sur les gardes de son épée, ou vous trouverez cet effet, que vous lui ôterez le pouvoir de vous frapper, & vous le pourrez frapper là ou vous voudrez.

(manque une page)

dite, ou abattant son épée, vous retournerez à le frapper de deux ou trois pointes résolues, lesquelles il ne pourra empècher.

 

De la passade avec une feinte sur la pointe de l’épée

 

Ceci est une autre sorte de cavation & feinte, qui n’est trop usitée, laquelle vient à faire l’effet des deux figures précédentes ; & se fait en la manière suivante. Il se faut mettre en garde avec l’épée avancée au côté senestre, & le bras étendu autant qu’on peut, laissant approcher l’ennemi pour vous serrer en la manière susdite ; & comme il vient en mesure, tournez votre épée sur la pointe de la sienne ; & si vous voyez qu’il ne repare, tirez fort et résolu, comme je vous l’ai dit sans autre feinte. Mais s’il repare, il ne faut tenir votre épée (coye !), ains passez la par dessous la garniture de celle de l’ennemi, & passez avant en la manière susdite, & vous lui donnerez en la poitrine ; puis retirez vous comme aussi il est dit.

 

De la feinte en distance pour donner au Visage

 



Figure 10 & 11

 

Cette feinte n’est en rien différente de la précédente, sinon que celle là a la cavation par dessous les gardes de l’épée ennemie, &celle ci l’a par dessus, pour donner à l’ennemi en face. Laquelle estocade étant reparée devient une feinte ; mais sinon, elle va résolue. Au reste on se sert des mêmes gardes, des mêmes distances, & des mêmes mesures : est le corps aussi, & l’épée gouvernés en la même manière, comme on voit en la figure ; & se retire-t-on après l’estoc donné hors de mesure. Mais l’importance principale est qu’on sache faire la feinte au naturel, qu’elle ne soit différente du coup résolu. Et se fait en la manière suivante. On tourne la pointe (qui servira pour un exemple) devers le haut de dehors de la face, & au chemin qu’on fait avec ladite pointe par dessous les gardes de l’épée ennemie, il faut faire en sorte, qu’en la cavation elle rencontre ou la face, ou la poitrine de l’ennemi. Et celle ci est tenue pour la feinte la plus naturelle. Mais soyez averti de ne vous servir jamais de feinte, si vous ne voyez votre ennemi sur le point d’un coup résolu. Car autrement vous serrez en danger d’être tous deux blessés : ou vous pourriez avoir du pire.

 

En attendant, la fin de la transcription voici le reste des planches.


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Published by Quinte Septime, compagnie d'escrime de spectacle - dans Traités d'escrime XVII
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5 mars 2009 4 05 /03 /mars /2009 09:53

Voici les premiers éléments de la traduction de la seconde partie du traité d'Alfieri. La traduction en cours est réalisée par Anna et Denis VIOLLET et Maître Olivier DELANNOY.
Sources : Rapières & fines lames



Chapitre 1
« De l’Épée »
La longueur de l’épée doit être avant tout proportionnelle à la taille de celui qui la porte, toutefois, elle est juste quand elle arrive aisément sous le bras. Elle sera légère pour pouvoir tirer avec une plus grande vitesse et moindre fatigue, elle aura une bonne garde pour protéger la main instrument principal de l’escrime.

Sur la présente image, l’épée est divisée en trois parties, le nombre 2, nous montre l’extrémité du fort par nature, le 4 du faible, le 3 l’extrémité du moyen c’est à dire le centre de la lame.

Deux sont ses fils, le droit (Dritto) indiqué par B, faux (Falzo) pour A, et pareillement deux plats, droit (Dritto) qui nous est montré en C, et, faux (falzo), qui est la partie opposée, qu’on ne voit pas.

De ces deux fils, et des deux plats naissent les quatre gardes, la première du droit fil, la deuxième du droit plat, la troisième du faux fil. La quatrième du faux plat.

Le fort sert pour parer et le faible pour frapper, et le coup de taille doit être fait grâce à la partie terminale de l’épée D, E.

 Chapitre 2
« Comment se prend la prime (prima) et la seconde garde (seconda guardia)»

Quatre sont les gardes, comme nous l’avons dit auparavant, la prime (prima) précède toutes les autres, aussi bien dans l’ordre que par sa nature ; elle se forme en positionnant le bras tendu au-dessus de la tête, le pas doit être mesuré, et les coups seront donnés au-dessus du genou, en le portant à l’avant avec la bonne courbure pour avoir une légèreté dans la frappe, et la main gauche se tiendra ramenée au-dessus de l’épaule où véritablement elle sera libre et détendue.

Cette garde en prime (prima guardia) est de deux sortes haute (alta) ou basse (bassa), la haute est représentée sur la figure 2, la basse viendra en mettant la main en B, en réglant l’épée suivant la ligne qui est représentée sur le dessin.

La garde en seconde (seconda guardia) n’est pas différente de la prime par rapport à la position du corps et du pas, seulement le bras, la main, et l’épée sont baissés de façon a se trouver dans l’axe de l’épaule, celle-ci également est de deux types haute ou basse, la haute sur le dessin 3, la basse sur le dessin A, l’une et l’autre sont plus fortes par rapport à la garde en prime, et couvrent mieux, et en duels suivant le lieu, et la qualité de celui qui se bat, elles peuvent s’alterner en utilisant celle qui sera jugée la meilleure et la plus appropriée.



Chapitre 3
Comment se forme la tierce (terza) et la garde en quarte (quarta guardia)

Pour prendre la garde en tierce (terza guardia) il faut que le pas soit près du corps sans violence, et qu’on se pose sur la jambe gauche le bras détendu, la main posée de telle sorte qu’elle ne soit pas tournée ni vers l’intérieur ni vers l’extérieur, selon le terme d’escrime appelé justesse de la main (giustezza della mano).

Cette garde est de trois sortes, tierce naturelle (terza naturale), haute (alta) et basse (bassa), la tierce naturelle est dessinée dans la figure 5. La haute s’exécute en rétrécissant le pas et en dressant la taille, et en portant la main en D, comme en usent les Espagnols.

La tierce basse, quand la main se trouve en C, utilisée par les Français la partie découverte des deux est à l’intérieur (Dentro,Dedans), la meilleure est la naturelle (naturale), forte, couvrant bien, et plus parfaite que la première (Prima) ou la deuxième (Secunda).

La garde en quarte est similaire à la tierce dans la position du corps et du bras, la main par contre est située à l’intérieur du genou et la partie découverte est à l’extérieur (Fuore, Dehors), elle se divise en naturelle, haute (naturale, alta) et basse suivant les mouvements auxquels elle est soumise, la naturelle est dessinée sur la figure 4, la haute en A est la basse en B. Cette garde est pratique pour offenser, se défendre, attendre et assaillir.



 Chapitre 4
De la garde mixte (guardia mista)
Je reviens à la garde mixte (guardia mista) dont j’ai parlée dans la première partie, sa nature est de participer à la tierce et à la quarte, cela consiste à savoir positionner la main de l’épée, et le bras, en s’assurant que le pas soit plus large qu’étroit, et que le pied droit soit léger, rapide dans le mouvement, que le poids du corps soit sur la jambe gauche, que la pointe de l’épée soit orientée vers le centre de l’ennemi, ainsi de telle sorte que le fort et le faible de l’épée soient plus près pour se défendre ou pour frapper comme on voit sur les figures opposées 6 et 7.

Avec cette garde on résiste longtemps dans les duels sans se fatiguer, avec les armes collées, et contre toutes les gardes elle est très avantageuse.
On forme les contre-gardes, haute et basse, haute en positionnant l’épée en A, B, les basses en positionnant en C, D, suivant la position de l’ennemi en prime, en seconde ou dans une autre garde.

Chapitre 5
Comment tirer l’estocade longue, et les deux coupes principales

La figure 8 apprend comment tirer l’estocade longue et gaillarde, et celle-ci constitue une grande partie de l’escrime pour apprendre à la tirer il faut être dans la garde mixte (guardia mista), et dans le même temps unir pour faire ce mouvement, la main, l’épée, le bras, le pied, l’épaule, dans ces circonstances ont allonge le coup, avec vitesse, et il est imparable, cela n’arrive ni en prime (Prima), ni en seconde garde (Secunda guardia), bien plus faibles et plus lentes.

C’est une grave erreur de beaucoups que de vouloir tirer l’estocade en forçant et en se précipitant tellement que le corps est presque étendu à terre, ils ne peuvent se redresser comme abandonnés au péril de leur vie, tandis que l’ennemi pare. L’ennemi qui n’esquive pas (ne se sauve pas face à ?) la frappe, est perdu, et ne peut se sauver qu’en revenant en garde et en sortant rapidement de mesure.

Deux sont les coupes principales, Maindroit (Mandritto) et revers (riversio) qui frappent en descendant, et deux de moindre importance qui frappent en remontant, le montant (montante) et le sous-main (sottomano).

Le Maindroit est de deux sortes, fendant (fendente) et oblique* (sgalembro), le Maindroit fendant est représenté sur la figure 8 qui enseigne à porter l’épée de G, A, F, l’oblique de B jusqu’à D.
Deux encore sont les revers, fendant, et oblique, le revers fendant va de G, A, F l’oblique de C à E.

Le montant (Montante) et sous-main (Sottomano) partent de la ligne H, F vers A. Les Maindroits, (Mandritti), et montants (Montantes) démarrent du coté gauche, Les revers (Riversi), sous-mains (Sottomani) de la droite, comme le montre la figure 9.


Chapitre 6
Frapper en quarte, et de pied ferme
Nous apprenons de la figure 11 à tirer le coup de quarte que nous avons proposé, à partir de la garde mixte, et après avoir observé les ouvertures de l’ennemi, arrivé en mesure (misura), et pris dans le même instant le temps (tempo) avec vitesse contre l’ennemi, placé en tierce (Terza) il faut se détendre, et cette façon de frapper utilisée en duels, étant pratiqué avec lesdites précautions est difficilement évitable. En plus de la façon de tirer l’estocade longue de quarte on peut encore de trois façons frapper l’ennemi. Premièrement on lèvera l’épée dans la ligne A, frappant de tierce en dehors. Le deuxième avec feinte haute en A et en descendant l’épée en B, et tirer le coup en seconde en abaissant le corps.

Pour finir aller avec la même feinte de A, dans la ligne C, et tourner un revers à la jambe droite.

Certains en tirant le coup essaient de tourner en arrière la tête quand ils tirent la botte pour frapper, ceux-ci se trompent parce qu’avec un tel mouvement on perd de vue l’objet, et on ne peut pas voir les manœuvres de l’ennemi. Les yeux sont nos sentinelles, pour cela il faut qu’ils soient orientés là ou on craint les attaques, et la tête doit accompagner le coup, en la poussant avec l’épaule sans cela dans la frappe elle se retire; le coup devient faible court et sans effet.


Chapitre 7
De la frappe de seconde, de pied ferme
Ici on démontre la façon par laquelle on peut porter un coup de seconde dans le visage, nous devons supposer qu’il est nécessaire d’être résolu, de savoir gagner et profiter de l’avantage, qui consiste dans le temps, dans la vitesse et dans la mesure.

Le cavalier 12 placé en tierce, s’est fatigué, l’assaillant tente de gagner avec le fort le faible son épée relachée entre en mesure parfaite de l’ennemi en perdant la présence de l’épée de celui-ci, pour cela le cavalier 1 plus prudent que l’adversaire a pu le frapper de quatre façons.
Premièrement de seconde dans le visage, comme montré sur la figure, cela de deux façons, ou en poussant l’estocade successivement après l’avantage obtenu par l’épée, ou en parant en un temps, et frapper.
La deuxième en levant la main en A, et en blessant de quarte.
Troisième façon avec une feinte réalisée en A, abaisser la main en B, en frappant dans la poitrine, et tout cela en tirant des estocades longues, rapides et fortes.
Quatrième et dernière faire la même feinte en A, de tierce, ou dans une autre garde, en tourner un revers à la jambe droite, comme dessiné sur la ligne C, et aussitôt avoir frappé se retirer en arrière hors de mesure.


Chapitre 8
De frapper en dehors au-dessus de l’épée en passant du pied gauche

Tirer de pied ferme est très commun dans les duels, et très sûr, je conseille de s’exercer à ce coup pour acquérir de l’agilité dans le pied, et pour réaliser une estocade plus longue dans un mouvement naturel. Il ne faut pas dénier les passes parce qu’elles perturbent et désorientent l’ennemi et ont une force majeure, elles doivent aboutir au corps en ligne droite, sans aucune déviation, sans se retirer, nous en avons un exemple dans la figure ci-contre.

Le cavalier 14 se retrouvant en quarte l’assaillant 15 est allé presser avec le fort le faible de l’ennemi, lequel en voulant dégager (cavare)*, et devancer le coup, a été blessé de seconde, et en dehors au-dessus l’épée portée en avant avec le pied gauche (pie manco) dans le temps indivisible du dégagement (cavazione).
Il peux encore feinter, et frapper par la ligne B, de seconde sous le bras droit sur le coté , et enfin, battre en dehors de l’épaule, mais avec raison pour qu’il n’aie pas le temps de dégager, et du placement A, porter un maindroit (mandritto) ou revers circulaire (rivercio tondo) sur la tête.



Chapitre 9
De frapper en dehors sous l’épée en passant du pied gauche

Nous devons apprendre dans cette figure comment en se battant une seule erreur et une négligence donne à l’ennemi la possibilité de frapper de plusieurs façons.
Le cavalier 16 était en tierce, et en position de défense, l’assaillant a bougé pour l’attaquer en garde mixte, parvenu avec précaution en mesure, là a appelé par une feinte à l’extérieur au dessus de l’épée, lequel (cavalier 16) au lieu de tirer au moment opportun sur la feinte s’est tout de suite mis en position pour parer le coup, l’adversaire 17 qui l’a amené avec cet artifice (ruse) à l’endroit voulu, a gagné sur lui trois possibilités pour pouvoir lui porter le coup.

La première, qui est la plus sûre est une seconde exécutée avec le bras tendu, en passant à l’extérieur au-dessous de l’épée dans la poitrine, accompagné d’une passe du pied gauche en dégageant à l’instant du mouvement (du pied). La deuxième en frappant de pied ferme par la ligne indiquée A. La troisième de feinter à l’extérieur en A, puis d’aller en B, et tirer le maindroit (mandritto) comme le montre le dessin dans la jambe droite de l’ennemi.



Chapitre 10
De Frapper l’ennemi par estocade de quarte, et de pied ferme, pendant qu’il essaie de porter un coup de taille

Tirer de taille est toujours risqué lorsque que l’ennemi est en mesure car en levant la main on découvre la cible, nous en voyons l’effet sur la présente figure, dans laquelle le cavalier 19 est frappé au visage d’une estocade longue en (main de) quarte.
La garde dans laquelle il se trouvait, était (celle) de seconde celle-ci étant la plus commode pour se servir des tailles et arrivé en mesure il a désordonné avec un battement toute la couverture de l’épée ennemie, tourné la main en tierce et armé le coup de taille
L’assaillant qui était en garde mixte au moment du battement a retiré le corps et l’épée, et cassé la mesure à son ennemi, a par la suite rapidement de pied ferme ferré le coup.

On fera le même coup pendant que l’ennemi avec furie lève l’épée en l’air pour tirer le maindroit ou le revers à la tête, comme nous le montre la figure 19, pour frapper à cet instant, il faut être téméraire et ne pas avoir peur de l’épée ennemie.
L’estocade est meilleure, et plus mortelle que les tailles, selon moi il ne faut pas négliger, que l’on balance en maindroit par la ligne A, ou en revers sur la jambe gauche, comme montré en B, qu’aussitot après avoir frappé l’ennemi de pointe ou de taille aussi bien haute que basse, (il faut) se retirer rapidement en garde en arrière hors de mesure.



Chapitre 11
Comment frapper l’ennemi, alors que de Maindroit , ou de revers l’adversaire veuille frapper dans les jambes

Nous avons déjà démontré longuement dans la première partie, comment en tournant la main jusqu’à qu’elle revienne dans sa position son mouvement forme un cercle pendant lequel les parties extrêmes sont toujours celles qui s’éloignent le plus c’est notre intention d’éclaircir dans ce dessin quelles sont les justes proportions, on doit encore observer, que se proteger en éloignant le bassin, et tirer en temps et avec intelligence est très avantageux, ajoutant que la règle de l’art, est de feinter de taille pour frapper de taille, feinter de pointe pour frapper de pointe, mais ceux qui feintent de taille et qui veulent frapper de pointe mettent leur vie en péril puisque ce mouvement nécessite un temps long de réalisation.

La figure ne nécessite pas beaucoup d’éclaircissements, le cavalier 20 qui se trouve de tierce peut selon trois façons tirer le Maindroit comme on le voit. Tout d’abord, en feintant par l’extérieur, et ne trouvant obéissance (réaction ?), retourner le coup à la jambe.
Deuxièmement, en désordonnant l’épée ennemi, et n’arrivant pas de pointe se résoudre à la taille, ou en ayant feinté de revers frapper du Maindroit.

Mais le cavalier 21 en retirant le pied, et reculant le bassin, et tendant le bras dans chacune des façons décrites plus haut, reste en situation de supériorité, en portant à la poitrine une botte franche, pouvant par la ligne A, frapper de Maindroit à la tête, par la ligne B, de revers, au-dessus du bras armé.



Chapitre 12
De frapper l’assaillant furieux, et résolu

La furie est le plus souvent désordonnée, et avec la pire conséquence ; contre celui-ci (l’assaillant) on cherche à s’emparer avec les contregardes (contraguardie) de son épée et ne pouvant pas acquérir cet avantage il faut rompre la mesure en se retirant, et au moment où il avance le contrer avec une estocade de pied ferme dans la tête.

Le cavalier furieux est représenté par le blessé 22 ; lequel en se retrouvant de quarte à bougé avec différentes gardes, trop résolu à assaillir.

L’ennemi 23, pour tirer avantage de cette furie a fait semblant pour l’intensifier (augmenter) d’avoir peur, en se retirant avec ruse [pendant qu’il est persécuté] (alors qu’il est perdu miserablement ?) a pris le temps, retiré la jambe droite, porté l’estocade, ainsi que nous le voyons dessiné sur l’image 23.

Il (l’ennemi 23) peut encore feinter au-dessus, à l’extérieur de l’épée suivant la ligne A frapper en passant (ferir di passato) ou de pied ferme, c’est à dire, feinter en A, par la ligne B porter en passant la frappe en abaissant le corps.

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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 12:51
Traité Français complet sur l'art du combat à la rapière, à deux armes, du XVIIème siècle.Voici une transcription proposée par Maître Olivier Delannoy.
C'est aussi le traité sur lequel travaille Guillaume du cercle d'annecy. voir les vidéos du stage de Winternheim 2009.
Source : Rapières & fines lames


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3 mars 2009 2 03 /03 /mars /2009 19:58
Traité italien sur la rapière, fin XVIème siècle, traduit en français en 1617, imprimé à Rouen dans ma normadie natale du maître de Boulogne Hieronimo Calvacabo. Voici une transcription proposée par Maître Olivier Delannoy.
Source : Rapières & fines lames






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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 09:50
Traité français d'escrime du XVIIème siècle par le Maître d'armes du Duc de Lorraine, André Desbordes, transcription de M. Olivier DUPUIS.

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