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Escrime Artistique et Escrime de Spectacle

 

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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 09:36

Né sous le règne de Louis XV, mort sous celui de Napoléon 1er, ayant fréquenté de très près les Cours de France, de Russie et d'Angleterre, qui était vraiment ce personnage que l'on rencontre alternativement sous l'apparence d'une femme ou d'un homme ?

 

chevalier-d-eon


Charles-Geneviève-Louis-Auguste-André-Timothée d'Eon de Beaumont naît à Tonnerre (dans l'actuel Département de l'Yonne) le 5 Octobre 1728.

 

Première bizzarerie : Pourquoi Geneviève ?...
Ce serait, tout simplement, le prénom de sa marraine !

Deplus il était coutume d'habiller les enfants en fillette comme les gravures d'époque le prouvent. Les garçons étaient habillé en homme que vers 7 ou 8 ans.

 

Charles-Geneviève voit son éducation confiée au rigoureux abbé de Marcenay qui,punitions physiques à l'appui,va faire de son élève un fin lettré. Il va avoir 15 ans quand son père l'envoie à Paris poursuivre ses études au Collège des Quatre-Nations (actuel Institut de France) fondé par Mazarin. Là, non seulement il approfondit ses connaissances, mais il pratique comme tout jeune Noble la danse, l'équitation et l'escrime.


5 ans plus tard il quitte le Collège, s'inscrit en Faculté de Droit et obtient en 1749, à 21 ans, ses diplômes de Droit.

Il sera d'abord avocat, puis écrivain... avant de devenir diplomate et militaire !

 

chevalier-d-eon-dragon.jpeg

 

En 1755 le Chevalier d'Eon est introduit "dans le monde" et fréquente des personnages bien en Cour, dont le Prince de Conti, familier du Roi , membre du "Cabinet secret"de Louis XV, diplomatie parallèle établie par ce dernier qui n'avait pas confiance en certains de ses ministres et ambassadeurs.

 

La fragilité des traîtés et des alliances fait de l'Europe un conflit perpétuel sous-jacent dans lequel la Prusse, l'Angleterre et la Russie pratiquent souvent un double-jeu. Un réseau d'espions est tissé auprès de toutes les Cours mais celle de la tsarine Elisabeth de Russie est difficilement pénétrable en raison du caractère de l'Impératrice qui n'hésite pas à exiler les ambassadeurs et à emprisonner les envoyés soupçonnés d'espionnage.

Conti va donc proposer à Louis XV d'envoyer à la Cour de Russie une femme, ou plutôt un homme déguisé en femme. Pour celà il propose au Roi le Chevalier d'Eon dont la jeunesse, la tournure déliée, les traits fins et le visage imberbe font le candidat idéal pour ce rôle.


Charles d'Eon accepte la mission et devient Mlle. Lia de Beaumont !

 

Juillet 1755, Mlle.de Beaumont part pour Saint-Pétersbourg où elle arrivera... en Octobre.
Elle est chargée de remettre à l'Impératrice une lettre de Louis XV, contenue dans la reliure de "l'Esprit des Lois" de Montesquieu. S'étant fait un ami, on ne sait comment, du vice-chancelier elle serait parvenue à rencontrer la Tsarine à qui elle aurait remis le message auquel il aurait été répondu par le même moyen.

A la fin de l'année Lia de Beaumont est de retour à Versailles à la satisfaction royale.
Première mission réussie !


De retour en France, l'alliance entre la France, l'Autriche et la Russie étant établie, Lia de Beaumont cède la place au Chevalier d'Eon de Beaumont... qui, pour des raisons de commodité diplomatique,devient le "frère" de Lia !

L'année suivante, suite à des maladresses de l'Ambassadeur de France, le Chevalier, maintenant officier dans l'armée du Roi, doit retourner en Russie pour rétablir l'alliance qui semblait compromise. Il y réussit à la grande satisfaction de Louis XV.

 

Les relations entre la France et la Russie se refroidissant à nouveau, Charles-Geneviève est à nouveau chargé de les réchauffer. Se sachant mal vu du Chancelier il manoeuvre de telle façon que la Tsarine se fâche contre celui-ci et renoue heureusement avec la France ; à tel point que d'Eon restera en Russie près de 3 ans.

 

En 1761 il est de retour.

 

En 1763 Elisabeth meurt. Son successeur éphémère Pierre III est un ami de la Prusse ainsi que son épouse qui le fait assassiner et devient Catherine II.

 

La guerre dure depuis 7 ans, les belligérants sont au bord de l'épuisement et leurs pays de la ruine.

Louis XV aimerait bien traiter avec l'Angleterre et y envoie en Ambassadeur le Duc de Nivernais et son ami, le Chevalier d'Eon,émissaire du "Cabinet secret".

 

chevalier-d-eon-capitaine.jpeg

 

Déjà introduit à la Cour d'Angleterre car connaissant bien, depuis l'Allemagne, la Reine Sophie-Charlotte épouse du Roi George III, d'Eon Capitaine des dragons tout récemment promu Chevalier de l'Ordre de Saint-Louis, va tout faire pour favoriser la paix agissant.

 

le Duc de Nivernais rentre en France recommandant au Roi de laisser en sa place d'Eon avec le rang de Ministre plénipotentiaire.

 

D'Eon va mener grand train en Angleterre, à tel point que cela va choquer ses ennemis versaillais. finalement Louis XV le fait rappeler et remplacer par le Comte de Guerchy.

 

Le nouvel Ambassadeur, le Comte de Guerchy, va bientôt entrer en conflit avec l'ancien pour essayer de récupérer ses "papiers diplomatiques", celui-ci refusant de les donner car beaucoup révéleraient l'existence du "Cabinet secret" ce qui évidemment embarasserait le Roi qui hésite à agir.

 

Après les menaces de toutes sortes qui n'ont aucun effet sur le Chevalier Guerchy va user de la calomnie.
Il fait lancer des pamphlets accusant de folie du Chevalier, folie provoquée par le fait qu'il ne serait... ni tout à fait un homme ni tout à fait une femme !

 

Il faut dire qu'à 40 ans le Chevalier est toujours aussi imberbe et qu'on ne lui connait aucune liaison de quelque sorte. De plus, au cours de ses missions il semble qu'il se soit encore plusieurs fois travesti. En France le scandale est tel que le Roi va lui ôter son brevet de Capitaine et sa pension. A Londres partisans et adversaires de Guerchy et du Chevalier s'affrontent. Un procès est entamé mais d'Eon se défend et contre-attaque pour tentative d'assassinat.


En 1765 l'Ambassadeur de France est reconnu coupable de tentative d'assassinat !

C'est subrepticement qu'il devra rentrer en France où il mourra quelque temps après.

 

Un nouvel Ambassadeur est nommé, ami du Chevalier, et ce dernier ayant rendu un des "papiers secrets" signé de la main de Louis XV semble à nouveau rentré en grâce ; on lui reverse une pension mais désormais on se méfie de lui.

 

A partir de 1766 par la correspondance qui lui est adressée sous divers pseudonymes,
tous féminins, le Chevalier semble vivre le plus souvent en habits de femme.

 

1773 : Louis XV va envoyer un autre "agent secret" à Londres, un certain Chevalier de Ronac qui n'est autre que Caron de Beaumarchais afin de négocier le retour des papiers ainsi que certaines libelles écrites par un pamphétaire contre la favorite, Madame du Barry.

 

L'année suivante le Roi est mort. Louis XVI qui lui succède n'aime guère les aventuriers mais il veut récupérer les documents du "cabinet secret" de son grand-père.

 

Beaumarchais s'entremet à nouveau et, contre une forme somme d'argent et la promesse de pouvoir rentrer en France s'il reconnait être une femme et n'en plus quitter l'habit, d'Eon va rendre les papiers.
 

En 1777 le voilà donc de retour en France mais en uniforme de Capitaine des Dragons !
Il lui est alors enjoint d'obtempérer et de changer de costume s'il ne veut pas séjourner à la Bastille.
Il obéit et est même présenté à la Cour mais Charles-Geneviève a vieilli, s'est épaissi sans doute car les Chroniques de l'époque se gaussent de son allure "hommasse" sous ses habits féminins.

 

chevalier-d-eon-duel-homasse.jpeg

 

L'année suivante il veut s'engager dans l'armée qui doit venir renforcer les Insurgents d'Amérique contre les Anglais, ce qui lui est évidemment refusé. Furieux il veut alors regagner l'Angleterre. Nouveau refus, la France étant en conflit larvé contre ce pays.

 

La paix ayant été signé avec l'Angleterre, en 1783, rien ne s'oppose plus à ce que d'Eon y retourne pour y récupérer ses livres et ses papiers.

 

En 1785 il  est à Londres où il se réinstalle ! Il va "améliorer son ordinaire" en s'exhibant dans des tournois d'escrime en habits féminins.

 

C'est en 1787 que va avoir lieu son fameux duel contre le Chevalier de Saint-Georges, célèbre bretteur mulâtre, qu'il va toucher à plusieur reprises 

 chevalier-d-eon-duel-st-george


1789 : D'Eon est toujours à Londres d'où il écrit énormément une oeuvre très éclectique allant facilement de la philosophie...

 

Lorsque la Révolution éclate en France il s'enthousiasme pour ses idées tout en restant, comme la majorité des citoyens, fidèle au Roi. C'est là qu'après avoir paraphé ses courriers de "Le Chevalier, puis La Chevalière d'Eon", il va maintenant signer "La Citoyenne Geneviève Déon" abandonnant à la fois son Prénom masculin et sa particule.

 

L'exécution de Louis XVI, en 1793, lui fait changer d'opinion sur les idéaux révolutionnaires.

De plus en plus impécunieux il vend ses derniers bijoux et participe à des exhibitions au fleuret pour quelques subsides.

En 1796, une lame casse et s'enfonce dans sa poitine. Sérieusement blessé ce sera la fin de sa carrière de "maître d'armes". Il a 69 ans.


Ruiné il va trouver refuge chez la veuve d'un de ses anciens amis.
En 1804, ne pouvant plus payer ses dettes il est même emprisonné plusieurs mois.

Admirant Napoléon Bonaparte il souhaiterait rentrer en France mais la maladie l'en empêchera.

 

Le 21 Mai 1810 il s'endort...de son dernier sommeil.

 

Trois chirurgiens vont autopsier le corps, en présence de plusieurs témoins, et le Docteur Coperland va pouvoir écrire :

 

" Je certifie par la présente que j'ai inspecté et disséqué le corps du Chevalier d'Eon de Beaumont et que j'ai trouvé les organes mâles à tout point de vue parfaitement conformés."

 

chevalier-d-eon-certificat

 

La Chevalière d'Eon était bien un Chevalier !

 

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29 juillet 2012 7 29 /07 /juillet /2012 08:37

serment-des-mous-1628-25f83db 

 

Le protocole cérémoniale de remise des soubrevestes n'étant pas retrouvé à l'état de source. Ce protocole est inspirée de la gravure "le serment des mousquetaires" en 1622.

 

Une reconstitution de cette cérémonie a eu lieu lors de la journée grand siècle et des Lumières de Pont-Chevron le 29 juillet 2012. Enfin Merci aux écuyers de l'Histoire de m'avoir transmis ce cérémonial.

 

 

Sur Ordre du Roy :

 

Mousquetaires de ma maison, venez à nous.

 

les mousquetaires avancent formation en ligne devant le Roy. Ils enlèvent leurs ceinturons et les déposent sur le coté gauche et en mettent temps mettent le genou gauche à terre. Puis ils se découvrent et baissent la tête.

 

Le Roy :

 

Messieurs les mousquetaires, vous êtes ce corps qui a fait la France la plus brillante, la plus aimable et la plus respectée d'Europe ! Car oui la France s'est construite à coups d'épées ! Voici donc notre Soubreveste qui marque votre appartenance à ce corps d'élite, soyez en digne !


Faite honneur à votre Roy, à vos anciens; ces grands mousquetaires de Montcassel qui ont semés terreur et effroi parmi les rangs ennemis rien qu'à la vue de cette cavalerie en soubreveste.

 

Puis il remet les soubrevestes un à un. Un laquais les ajuste.

 

Le Roy :

 

Levez-vous

 

Les mousquetaires se couvrent, se lèvent en prenant leurs ceinturons. une fois, debout, ils les ajustent.

 

Le Roy :

 

Messieurs les mouquetaires, vous portez maintenant l'emblème royal, vous êtes dorénavant ma garde et mes enfants.

 

Sur l'ordre du mousquetaire de plus haut rang :

 

Messieurs les mousquetaires, tirez vos épées de leur lieux.

Présentez armes

 

Salut, puis révérence.

 

Messieurs les mousquetaires, remetez vos épées en son lieu.

 

 

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 13:48

70o8g-Marche_de_l_Histoire_NET.jpg

Ce week-end du 12 et 13 mai 2012 aura lieu le 1er Marché de l'Histoire à Sainte Marie aux Mines (68), une premier dans l'est de la France qui permettra d'avoir un "pontoise" plus proche.
Plus de renseignements sur : http://www.marchehistoire-stemarie.fr/


Périodes couvertes
  • Préhistoire
  • Antiquité
  • Moyen Âge
  • Renaissance
  • Lumières
  • Empire
  • Belle Epoque
Partenaires

Animations
  • Hauvoy: musique médiévale et saynètes
  • Compagnie d'Akilone à Jérusalem: combat et artisanat médiévaux
Horaires d'ouverture
Samedi 12 mai: 10h00-19h00
Dimanche 13 mai: 10h00-18h00
Tarifs
6.0€ pour les adultes
3.0€ pour les enfants (moins de 12 ans), les personnes handicapées et les chômeurs
Dépot-vente de matériel d'occasion
Jusqu'à 3 objets par personne déposés sur un stand dédié géré par l'ApHV
(commission sur le prix de vente: 15%)
Restauration
Buvette "moderne"
Restauration chaude et froide

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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 08:06

Icône du théâtre qui fait rêver beaucoup d’escrimeurs qui était le vrai Cyrano ?

Etait-il si différent du personnage d’Edmond ROSTAND ?

 

cyrano.jpeg

 

Le 6 Mars 1619, sous le règne du jeune Louis XIII, nait à Bergerac dans la Vallée de Chevreuse, en Ile de France donc, Savinien de Cyrano de Bergerac, issu de petite noblesse de robe.

 

Il fait ses études au collège de Beauvais puis, en 1637, à 18 ans, jouant de son patronyme "gascon" de Bergerac, il s'engage chez les Cadets de Gascogne de Monsieur de Casteljaloux.

 

En Décembre 1897, au théâtre de la porte Saint-Martin, à Paris, la pièce d'Edmond Rostand, "Cyrano de Bergerac", remporte un triomphe dont l'apport de nouveauté n'est pas sans rappeler la première" du Cid, de Pierre Corneille, en 1636. Ce succès ne s'est pas démenti depuis et toutes les "recréations" au théâtre et au cinéma ont toujours été des réussites.

 

Mais, si la trame de la pièce est bien la base du véritable personnage, quelles sont les parts de vérité et de fiction entre le théâtre et l'Histoire ?

 

Au physique, selon les gravures de l'époque, le vrai Cyrano, était en effet pourvu d'un nez long et proéminent... peut-être même plus disgracieux que sur les portraits toujours quelque peu flattés, mais pas aussi ridicule dont celui on l'affuble au théâtre. Il était véritablement très brave, ce qui lui valut chez les Cadets le surnom de "démon de la bravoure".

L'épisode de la porte de Nesles où pour défendre un inconnu il mit en fuite une centaine de spadassins est tout à fait exact !

 

Roxane, Madeleine Robineau (et non Robin) était bien sa cousine qui épousa la baron Christophe (et non Christian) de Neuvillette, lequel fut tué au siège d'Arras, auquel participa effectivement aussi Cyrano. Mais il ne semble pas que Savinien fut amoureux d'elle. Madeleine se retira au couvent des Filles de la Croix et c'est là aussi que Cyrano sera recueilli, provisoirement, après son probable accident (et non attentat) de la poutre reçue sur la tête.

 

Plusieurs fois blessé et malade, sa carrière militaire, à 21 ans, est bien compromise. Bien que sans le sou, son esprit et sa réputation de bravoure, le font recevoir dans les salons. Il est l'élève du philosophe Gassendi et un ferme soutient du jeune Molière. Il fréquente aussi les tripots où il accumule les dettes de jeu, s'acoquine avec des libertins... et y ruine sa santé.

 

Affaibli, malade, il se retire à la campagne, avec la protection du duc d'Arpajon. Là, il va se consacrer à l'écriture. Il écrit notamment une tragédie "La mort d'Agrippine", une comédie "Le pédant Joué" dont la scène "mais qu'allait-il faire dans cette galère ?" est reprise par Molière dans "Les fourberies de Scapin" (avec le probable agrément de l'auteur).

Il est aussi l'auteur de "Lettres"philosophiques et surtout du "Voyage dans la Lune" et de "L'Histoire comique des Etats et Empires du Soleil", où il fait preuve de son génie littéraire, mêlant le symbolisme, la poésie, la fantaisie à ce que, plus tard, on nommera la science fiction.

 

Extraits du "Voyage dans la lune" :

 

"... J'avais attaché autour de moi quantité de fioles pleines de rosée, sur lesquelles le soleil dardait ses rayons si violemment, que la chaleur qui les attirait, comme elle fait les plus grosses nuées, m'éleva si haut, qu'enfin je me trouvai au-dessus de la moyenne région. Mais comme cette attraction me faisait monter avec trop de rapidité, et qu'au lieu de m'approcher de la lune comme je le prétendais, elle me paraissait plus éloignée qu'à mon partement, je cassai plusieurs de mes fioles, jusqu'à ce que je sentis que ma pesanteur surmontait l'attraction, et que Je redescendais vers la terre."

"... J'avais fait une machine que je m'imaginais capable de m'élever autant que je voudrais en sorte que de tout ce que j'y croyais nécessaire n'y manquant, je m'assis dedans et me précipitai en l'air du haut d'une roche. Mais parce que je n'avais pas bien pris mes mesures, je culbutai rapidement vers la vallée."

"... quand on eut découvert l'invention du ressort, quelques uns dirent qu'il fallait y attacher quantité de fusées volantes... à peine y eussè-je mis les deux pieds que me voilà enlevé dans la nue..."

 

(Edmond ROSTAND reprendra cette idée du Voyage dans la lune, pour sa pièce, en imaginant qu'à la tombée de la nuit, dissimulant son visage et transformant sa voix, Cyrano, afin de retarder de Guiche et de permettre ainsi la fin de la célébration du mariage de Roxane avec Christian, invente différents moyens pour aller sur la lune.)

 

En 1649, il commettra aussi des "Mazarinades", libelles contre Mazarin, ministre du jeune Louis XIV, plus par besoin d'argent que par conviction.

 

Plus d'un an après son accident, le 28 Juillet 1655, très affaibli de corps et d'esprit, il meurt, après une courte agonie, chez son cousin Pierre de Cyrano, à Sannois. Il sera inhumé dans l'église de cette ville mais, au cours de la Révolution, ses restes seront dispersés.

 

Il laisse une œuvre de novateur d'un homme épris de liberté, œuvre éclipsée par la gloire de la fiction théâtrale qui porte son nom.

 

 

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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 09:53
Pbrasme
Article du Républicain Lorrain
édition de Metz du Dimanche 6 Mars 2011.



Avec Carole, J'ai assisté à la Conférence donnée par M. Pierre BRASME au Grand Salon de l'hôtel de Ville de Metz. Le Sujet, La venue de Louis XV en la ville de Metz, "les scènes de Metz" qui conduisirent à la congédiation de Madame de Chateauroux, favorite du Roy et qui marquèrent profondément Louis XV. C'est au terme de sa maladie contractée à Metz, que devant la liesse du peuple de Metz à l'annonce de son rétablissement que Louis XV devient Louis le Bien Aimé.
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Article du Républicain Lorrain
édition de Metz du Samedi 12 Mars 2011.
 
 
Ci-dessous, un petit avant goût du contenu de la conférence
 
À propos de la maladie de Louis XV à Metz (août 1744)
 

S’il est une visite royale qui aura marqué l’esprit des Messins, et qui est restée gravée dans les annales de la ville, c’est bien celle qu’y fit à l’été 1744 le roi Louis XV. Arrivé le 4 août, il tombe malade le 8, se confesse et se fait apporter le Saint Viatique le 13, reçoit l’Extrême Onction le 15, est donné pour mort durant quelques heures, oscille entre vie et trépas durant plusieurs jours, se remet avant d’être considéré comme guéri, et repart  le 28 septembre, auréolé du titre de Bien Aimé, pour la cour de Lunéville où le reçoit son beau-père Stanislas.
 
Le voyage, le séjour et la maladie de Louis XV à Metz ont donné lieu à plusieurs relations, dont la plus connue est le Journal de ce qui s’est fait pour la réception du roy dans sa ville de Metz le 4 août 1744, commandé par la ville de Metz et dont l’auteur reste inconnu, mais que l’on attribue généralement au notaire Jacques Baltus, l’auteur des célèbres Annales (1724-1756). Mais d'autres documents nous renseignent sur cet événement, et l'un d'entre eux figure dans les registres de délibérations du Bureau des Finances de la généralité de Metz-Alsace, intitulé Mémoire et relation sur les événements de l’arrivée du Roy dans cette ville de Metz (Archives départementales Moselle, C 77) : nous en reproduisons ici les principaux extraits :
 
« … Monsieur le Maréchal de Belle-Isle a été au devant (du roi), suivi des officiers de ville, qui ont complimenté Sa Majesté par la bouche du lieutenant de maire (le maître-échevin)…, à l’entrée de la porte au devant du corps de garde avancé où Monsieur le Maréchal a présenté les clés de la ville de vermeil bien recherché.
 
« Sa Majesté, à l’entrée de la ville, a passé sous un arc de triomphe orné de peintures, devises, inscriptions et légendes. Deux jets d’eau devançaient cet arc et s’élevaient de plus de vingt coudées, et deux fontaines de vin en avant. Depuis la porte jusqu’à trois toises en avant de l’arc étaient deux gradins de planches de huit rangs de hauteur remplis de toutes sortes de personnes de distinction des deux sexes tant de cette ville que d’autres, de même que toutes les croisées et portes des maisons au devant desquelles Sa Majesté devait passer, toutes les rues tapissées et aux carrefours plusieurs gradins occupés de même que les premiers.
 
« Sa Majesté s’est rendue d’abord à la cathédrale pour y entendre chanter le Te Deum, à l’entrée de laquelle elle a été complimentée par M. l’Evêque à la tête du clergé. Au sortir du Te Deum pour se rendre au louvre (sic), elle a passé le long de la rue des Clercs au bout de laquelle était un second arc de triomphe à l’entrée de l’esplanade, orné pareillement de diverses inscriptions et légendes. Et arrivé au Louvre, qui est maison ordinaire du gouverneur, il s’est mis à table, couverte de vingt-deux couverts où étaient plusieurs seigneurs et en particulier Monsieur le Maréchal de Belle-Isle qui avait fait préparer le dîner auquel Sa Majesté a fait un accueil gracieux… Les jours suivants, le roi a visité tous les quartiers de la ville et des fortifications à cheval et toujours aux grandes acclamations du peuple.
 
« La veille de son départ fixé au dimanche 9 pour aller en Alsace se trouver à la tête de son armée et combattre ses ennemis, Sa Majesté est tombée malheureusement malade, ce qui a arrêté et suspendu ses projets et causé une alarme universelle et jeté tout le peuple dans la dernière affliction.
 
« Le 15, jour de l’Assomption de la Vierge, jour de la procession votive, le Parlement et le Bureau (des Finances) ont assisté en l’église cathédrale, en robes noires ordinaires contrairement à l’usage attendu la maladie très dangereuse de Sa Majesté, sans le son des cloches pas même de la grosse dite Mutte, et la procession n’est point sortie de l’enceinte de l’église et s’est faite au sortir du chœur. Et a reçu après les prières faites pour le rétablissement de la santé du roi la bénédiction du saint Sacrement exposé pendant cinq jours dans toutes les églises.
 
« Le danger imminent où s’est trouvé le roi a attiré la reine dans cette ville où elle est arrivée le 17 à onze heures du soir et a pris logement au Louvre. Monseigneur le Dauphin est arrivé huit heures avant la reine et est allé descendre dans la maison abbatiale de Saint Arnould… »
Journal de ce qui s'est fait pour la réception du roi dans sa ville de Metz , le 4 août 1744 ; avec un recueil de plusie urs pièces sur le même sujet et sur les accidents survenus pendant son séjour -Ve P. Collignon (Metz)-1744

 

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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 07:43

Par M. Alexandre Guidoux
pour "Les gentilshommes de la Brette"
et le "Régiment de Gassion".

 

 

Le Louis d’Or et d’Argent :

 

Le louis est la dénomination courante de la monnaie d'or et d’argent française officielle depuis le 31 mars 1640, date à laquelle Louis XIII décide de réformer le système monétaire français. Cette reforme ayant pour but d’uniformiser les compte de la nation a été initié par Claude BUILLON, surintendant des fiances, en 1632.

Parmi les nouvelles monnaies instaurées par la couronne de France, on distingue :

 

 

 

le Louis d'or ou écu d'or

 qui remplaça le Franc qui était en circulation depuis Jean II le bon :

 

·         Le double Louis d’or  

 

 

 

 

·         Le Louis d’or (voir ci contre)

 

 

 

 

·         Le demi Louis d’or

LouisXIII 

dimension : +/- 25 mm, poids : 6,75 g

avers : la tête laurée du roi tournée à droite, avec la légende suivante en latin : LVD XIII DG - FR ET NAV REX, c'est-à-dire « Louis XIII, roi de France et de Navarre par la grâce de Dieu »

revers : le monogramme : croix formée de 4 doubles L surmontés de couronnes et séparés par des fleurs de lys, la lettre de l'atelier dans un cercle en cœur. La légende CHRS REGN VINC IMP, c'est-à-dire « Le Christ règne, vainc et commande »  

 

 

 

 

le Louis d'argent ou écu blanc

 

·         le louis d'argent/ écu (60 sols )

 

·         Demi écu (30sols)

 

·         le quart d'écu (15 sols)

 

·         le sixième d'écu (10 sols)

 

·         le douzième d'écu (5 sols) 

ecu 

  12ecu

Ecu

Douzième d’ Ecu

?

21mm, 2.26 g

avers : le buste laurée du roi tournée à droite, avec la légende suivante en latin : LUDOVICUS. XIII .D.G. FR ET NAV REX.

 

revers :Le blason de la maison royale de France avec en chef la couronne décoré de fleur de lys, on note en chef : 1642 l’année de frappe et  en base A : la lettre d’atelier. Les autres légendes sont : SIT . NOMEN.DOMINI et BENEDICTVM

 

 

 

 

le liard

 

 

·         Liard : monnaie de cuivre, est égale à environ un sol ou sous.

  liard

22 mm, 3,42 gr

Il s’agit là d’un liard de 1645 cependant le modèle n’a que peu changer au cour du changement de règne : le revers est constitué du de la maison royale de France avec en chef la couronne décoré de fleur de lys.

 

 

La frappe des pièces et anecdote :

 

Le Louis naquît grâce aux liégeois Jean Varin, qui était à la fois maître, garde, graveur et conducteur de la Monnaie du Moulin, établie au Louvre, et à la mécanisation de la frappe monétaire des métaux précieux en France, utilisant la technique du balancier.

À côté des pièces courantes a été fabriquées, à petits nombres, une série de trois monnaies de grand module: vingt louis, seize louis et huit louis .La pièce de vingt louis valait cent livres ; elle reste la plus grande et la plus lourde monnaie d'or française jamais frappée. Ces pièces de plaisir, destinées à servir de cadeaux et à prouver le savoir-faire de la Monnaie du Moulin de Paris, n'ont pas circulé.

 

 

 

Ancien système financier et ses changements :

 

·         La base :

 

Le système monétaire Français et les unités de compte ont été pendant longtemps, jusqu’à la révolution, basé sur la livre (l’unité de poids, 1 Livre = 489,5 Grammes)  et le système duodécimale, étant héritier de la finance latine.

La Livre (masse) était divisé en Marc et correspondait à la masse d’un Lingot de matière précieuse et, généralement, une Livre égale deux Marc. Un certain nombre de pièces pouvaient être taillé dans un lingots. Les sections permettant la frappe de ces pièces étaient appelées Flans.

Les pièces ainsi taillé furent appelé Livre en référence aux lingots. Le nombres de pièces à taillé dans un marc était fixé par Ordonnance.

Exemple du 20 avril 1365: que soient fabriqués des "deniers d'or fin aux fleurs de lys (c'est alors le nom officiel du franc à pied) (...) de 64 au marc de Paris (...)".

 

Le système duodécimale et des douzaines de denier se présentait comme tel :

1 livre = 20 sols et 1 sol = 12 deniers. Le denier était l’unité de compte de base.

 

 

Nom latin

 

Livre

Sols

Deniers

Libra

Livre

1

20

240

Soldius

Sols

0.05

1

12

Denarius

Deniers

-

0.083

1

 

 

 

 

 

·         Existence et différence des unités de compte  :

 

Il existait en France des décalages dans les unités de poids au sein des différentes régions mais plus particulièrement au sein des grandes places commerciales, et plus particulièrement au niveau des Marc et donc des lingots.  Deux grands systèmes étaient utilisés par les place commerciale : Le Parisis et le Tournois.

 

Unités :

Utilisé par les villes de :

Masse (en grammes):

Livre

Toutes

489.50

Marc Parisis

Paris, Troyes,…

244.75

Marc Tournois

Limoges, La Rochelle, Tours,…

195.80

 

        

Ces différences au niveaux de la masse des lingots, entraînât également un décalage parmi les flans et donc du nombres de pièces taillés. Les Ordonnances spécialisé les unités de poids à utiliser selon les ateliers de frappe.

Les monnaies taillées n’avait pas la même valeur selon le marc utilisé : Parisis ou tournois. Il y eu donc un taux de change instauré entre les différentes ville avec 1 livre parisis (LP) = 1.25 livre tournois (LT). Par là même : 1 LP = 25 sols tournois (ST) et 1 LP = 300 deniers tournois (DT).

 

Notons que malgré le taux de change de 1.25 Tournois pour  1 Parisis le « systèmes des douzaines de denier » est appliqué aux deux unités de compte.

 

NB : - on constate qu’avec le temps de plus en plus de pièces seront taillé dans un marc, ce qui entraîne une perte de valeur des monnaies, de moins en moins de matières précieuse étant employé et l’on constate donc un phénomène d’inflation.

- Le système Parisis tombe cependant progressivement en désuétude pour finalement être abandonné définitivement en 1667.

- En 1640 les deux systèmes se côtoient lors de la réforme cependant le système Tournois, bien plus employé, servira pour le taux de change avec les Louis.

 

 

·         Les anciennes monnaies :

 

Au moment de l’instauration du Louis, plusieurs monnaie se côtoyaient de différentes époques et différentes origines, le plus important étant la masse de matière précieuse qu’elles contenaient. Voici quelques exemples d’ancienne pièces Françaises encore en cours en 1640 :

-  L'Ecu d'or, ou Franc, qui existe depuis 1250 valant environ 3,5 Livres Tournoi,
-  Le Franc d'argent créé par Henri III et ses subdivisions le 1/2 franc et le 1/4 franc ,
-  Une monnaie « de billon » (cuivre et argent), le douzain, valant 12 deniers soit 1 sol,
-  Des monnaies de cuivre de 1 et 2 deniers,
-  mais également divers jetons ayant une valeurs variés.

 

 

·         31 mars 1640 :

 

La reforme fiscale et monétaire avait pour but de renforcer le pouvoir royale, d’uniformiser le système financier et de centraliser la fabrication de monnaie ; c’est dans ce but que les Louis sont apparues, battues à l’image du souverain, et ne pouvant être fabriqué que sur ordonnance Royale. 

 Grâce à cette action la monnaie connu une période de stabilité sans précédent pendant 43 ans.

 

Il fallait que les louis sont convertible partout avec une même valeur ; les équivalences se faisaient donc au poids de métaux précieux et aux titre (24éme de pureté du métal ou Carat) ainsi qu’aux galons , fixé par la couronne.

 

Le Louis d’or était égal ,en 1640 et jusqu’en 1683 à 0.619g ,d’or pur  pour une valeur de 10 livres Tournoi. Garantissent ainsi, non seulement la stabilité de la livre mais aussi la stabilité de l’or. Ce qui était une force dans le contexte difficile de la guerre de trente ans.

 

 

 

·         Equivalence et valeur du Louis:

 

 

Monnaies

Livre Tournoi

Sol Tournoi

Denier Tournoi

Masse (Matière)

Double Louis d’Or

20

400

4 800

1,238g (or)

Louis d’Or

10

200

2 400

0,619g (or)

Demi Louis d’Or

5

100

1 200

0.391 (or)

 

 

Monnaies

Livre Tournoi

Sol Tournoi

Denier Tournoi

Masse (Matière)

Louis Argent (Ecu)

3

60

720

? (argent)

Demi Ecu

1.5

30

360

? (argent)

Quart Ecu

0.75

15

180

? (argent)

Sixième Ecu

0.5

10

120

? (argent)

Douzième Ecu

0.25

5

60

? (argent)

 

 

Monnaies

Livre Tournoi

Sol Tournoi

Denier Tournoi

Masse (Matière)

Liard

0.05

1

12

? (cuivre)


Niveau de Vie :

 

                « Quel est la solde d’un homme engagé dans l’armée ? Combien gagne un paysan ? Quelles sont les dépenses moyennes? »

                Voici les question que l’on est en droit de se poser à la fin de cette article. Cependant il n’y a que très peu de précision quand a ces petit détail de la vie. On trouve cependant des traces au sein des livres de compte ou de différent récit d’époque.

 

On estime qu’en 1650 :  

                                -     Un mousquetaire gagné de 30 à 60 Livres par mois.

-     Un Piquier gagné une somme supérieur en raison de risque que sa position représentait : 40 à 80 Livres.

-       La solde de Lieutenant/Capitaine est de 300 à 600 Livres .

-       La charge de Capitaine s’achète 80 000 Livres.

-     Une solde de valais de 45 Livres est jugé « bien plus que correct. »

-     Un gentilhomme doit dépenser en moyenne 100 Livres pour avoir un train de vie décent pour son rang.

-          La valeur d’un bon cheval est de 600 à 1.500 livres .

-          Harnachement de guerre : 300 livres.

-          Equipement complet de mousquetaire : 1.500 à 2.000 livres.

  

Sources :

Regroupement d’informations d’Internet provenant, entre autre, de :

-          Paris, Banque Nationale de France, département des Monnaies, médailles et antiques, 1640

-          Biographie de Jean Varin : graveur général des monnaies (1604-1672)

-          Gabriel ARDANT, histoire financière de l'antiquité à nos jours.

-          Victor GADOURY, Monnaies royales françaises 1610-1792

-          Bruno COLLIN, L'Atelier monétaire royal de Montpellier et la circulation monétaire en Languedoc de Louis XIII à la Révolution

-          Pierre VILLAR, Or et Monnaie dans l'Histoire

-          Biographie de D’Artagnan

-          Archive de registre de compte du 17éme au 18éme Siècle

-          Edit du Roy du 5 décembre 1614

-          Edit du Roy du 31 mars 1640

-          CGB.fr

-          Divers portail numismatique

-          Cngcoins.com 

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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 11:16

Par M. Joseph Miqueu du Cercle Historique de l'Arribère (http://bearndesgaves.fr/char/)

Pour ses héros de son roman "Les Trois Mousquetaires", Alexandre Dumas s'est (très) librement inspiré de personnages réels. D'Artagnan, Porthos, Aramis et Athos eurent ainsi pour modèles des gascons qui connurent une destinée moins légendaire, certes, mais cependant authentique. 
 
     
Charles de Batz Castelmore, le mousquetaire d'Artagnan

d-artagnan-3-mousquetairesLe vrai d'Artagnan : Il s'appelait Charles de Batz et naquit entre 1611 et 1615 au château de Castelmore, près de Lupiac, dans l'actuel département du Gers, en Gascogne. Le nom d'Artagnan (qu'il signait parfois "Artaignan") lui venait de sa mère, Françoise de Montesquiou d'Artagnan. Charles de Batz choisit de plutôt privilégier ce patronyme maternel car il s'avèrait plus prestigieux et connu que celui de son père parmi les gens de la noblesse parisienne.
Vers 1640, d'Artagnan monte à la capitale afin de s’engager chez les Cadets des Gardes-Françaises. Son entrée chez les Mousquetaires daterait de 1644. À partir de cette date, il entame une brillante carrière militaire sous le règne de Louis XIV qu'il accompage à son mariage avec l'infante d'Espagne célébré à Saint-Jean-de-Luz. Après avoir guerroyé et assumé plusieurs charges militaires fort prestigieuses, il devient gouverneur de Lille, mais l'action lui manque... De retour sur les champs de batailles lors de la Guerre de Hollande (1673), d'Artagnan est tué par une balle de mousquet en pleine gorge au siège de Maastricht. Aujourd'hui encore, on ignore le lieu de sa sépulture.
      
Le d'Artagnan des Trois Mousquetaires : Dans le roman d'Alexandre Dumas, d'Artagnan, est le plus jeune des quatre principaux protagonistes, âgé en effet d'à peine 18 ans ans. Après diverses aventures tumultueuses auprès de ses compagnons d'armes, d'Artagnan meurt tué par un boulet sur un champ de bataille dans le Vicomte de Bragelonne.  

Armand de Sillègue, le mousquetaire Athos
athos-3-mousquetairesLe vrai Athos : Son vrai nom est Armand de Sillègue d’Athos d’Autebielle (ou Autevielle) ; Athos est le nom d'un village entre Sauveterre-de-Béarn et Oraas, sur la rive droite du gave d’Oloron. Les familles d'Athos et de Sillègue qui avaient établi fortune dans le commerce local avaient eu droit successivement aux titres de "marchand", de "noble" puis enfin de "monseigneur".

Au début du XVIIe siècle, Adrien de Sillègue seigneur d’Athos et d’Autebielle épouse une demoiselle de Peyré, (ou Du Peyrer), fille d'un marchand et jurat d'Oloron-Sainte-Marie en Béarn, cousine germaine du comte de Troisvilles. De cette union naitront deux fils. Armand, le cadet, serait né entre 1615 et 1620. Comme c’est à son aîné, Jean, que reviennent les seigneuries, Armand entre alors dans la compagnie des mousquetaires du roi grâce à son oncle Tréville (Monsieur de Treville) au début des années 1640.
Athos trouve tragiquement la mort le 21 décembre 1643 au Pré aux Clercs, à Paris, un endroit réputé à l'époque pour être le lieu de rendez-vous des duellistes. Son acte de décès figure au registre de l’église St-Sulpice.
  
Le Athos des Trois Mousquetaires : Dans le roman Les Trois Mousquetaires, Athos, au début de l'histoire est le plus vieux des quatre principaux protagonistes, il est âgé de 30 ans. Athos est Comte de La Fère, mari de Charlotte Backer/Milady et deviendra père du Vicomte de Bragelonne. Athos sera membre de trois ordres de chevalerie (Ordre de la Jarretière, Ordre du Saint-Esprit, Ordre de la Toison d'Or). Alexandre Dumas le fait mourir en 1672.  
 

Henri d'Aramitz, le mousquetaire Aramis
aramis-3-mousquetairesLe vrai Aramis : Le nom d'Aramitz (ou Aramits) est celui d'une terre, non loin de Lanne, dans la vallée de Barétous en Béarn (également berceau de la famille Porteau). Pierre d'Aramitz, capitaine huguenot qui s'illustra lors des guerres de religion qui ravagèrent le Béarn, eut trois enfants dont Marie - qui épousa Jean de Peyré et devint la mère du futur comte de Tréville - et Charles, marié à Catherine d'Espalungue qui fut le père d'Henri, le futur mousquetaire.
Henri d'Aramitz est né vers 1620. Comme son lointain parent Athos, il est cousin germain de Monsieur de Treville et rejoint la compagnie des mousquetaires du roi vers 1640. De ses activités militaires on ignore pratiquement tout, mais Henri d'Aramitz reste dans la compagnie des mousquetaires jusqu'à la dissolution de ce corps, en 1646. Plus tard, on le retrouve dans son Béarn natal, il prend la charge d'abbé laïc (sans fonction cultuelle) en vallée de Barétous et épouse, en 1650, Jeanne de Béarn-Bonasse ; il aura 2 garçons et 2 filles. L'acte de décès de Henri d'Aramitz n'a jamais été retrouvé (on le cherche toujours !), mais on s'accorde généralement à situer sa mort entre 1673 et 1675.
  
Le Aramis des Trois Mousquetaires : Dans Les Trois Mousquetaires d'Alexandre Dumas, Aramis, au début du roman, est âgé de vingt-deux ou vingt-trois ans alors qu'il entre à la compagnie des mousquetaires en même temps qu’Athos (mai 1640). Au cours de l'histoire, le personnage de Dumas ambitionne une carrière (politique) dans l'Église et est le plus séducteur des mousquetaires. Dans Le Vicomte de Bragelonne, il devient évêque de Vannes, puis général des Jésuites.  
  
 
Isaac de Portau, le mousquetaire Porthos
porthos-3-mousquetairesLe vrai Porthos : Il s’appelait Isaac de Portau (ou du Pourtau), né à Pau et dont la famille était originaire d'Audaux prés de Navarrenx. Son père - prénommé également Isaac - était un personnage important, notaire aux États de Béarn, qui acquit ses titres de noblesse en achetant ses seigneuries. Veuf et père d'une fille, ce fervent huguenot se maria en secondes noces avec Anne d’Arrac de Gan, fille d’un ministre (pasteur) protestant. Du mariage naquirent trois enfants dont Isaac était le cadet.
Baptisé à Pau le 2 Février 1617. Quelques 25 ans plus tard, Isaac de Portau entre comme cadet-gentilhomme, dans les Gardes Françaises, dans la compagnie des Essarts, il y restera jusqu'à Octobre 1642. Ensuite, il serait devenu mousquetaire du roi, mais aucune trace n'y évoque son passage (certains historiens pensent même qu'il n'y entra jamais).
Sans doute victime de blessures reçues au combat, sa carrière militaire est brève, et en 1650, Isaac de Portau se retire du service armé. Il obtient le poste de garde des munitions de la place forte de Navarrenx que lui octroie son frère Jean.
On ignore la date de son décès mais la tradition lui attribue une gentilhommière à Lanne-en-Baretous (également berceau de la famille Aramitz) ; Isaac de Portau y a certainement séjourné, car le domaine appartenait aux d'Abaddie, seigneurs d'Orognen, dont un des membres s'était marié avec la sœur d'Isaac. - Merci au Cercle Historique de l'Aribère pour ses renseignements précieux.
   
Le Porthos des Trois Mousquetaires : Dans le roman d'Alexandre Dumas, Porthos a sensiblement le même âge qu'Aramis. Après le siège de la Rochelle, le sympathique colosse béarnais quitte le service des mousquetaires du roi, se marie et devient baron de Bracieux et de Pierrefonds. Dans Le Vicomte de Bragelonne, le truculent Porthos meurt écrasé sous d'énormes rochers lors de l'assaut de Belle-Ile-en-Mer.

 

Monsieur de Tréville, ou comte de Troivilles.

Treville1La carrière des quatres autres dépend énormément de la sienne. Oloronnais d’origine, fils et petit—fils de marchands, ne en 1598 de Jean de Peyrer et de Marie d’Aramits, Arnaud Jean du Peyrer, engagé volontaire à 17 ans, se fit  très vite remarquer par son courage et: son habileté aux armes, en particulier au siège de La Rochelle.  Par la suite et après avoir gravi tous les échelons de la hiérarchie militaire, il fit: un riche mariage et reçut a cause de sa bravoure le commandement des mousquetaires en 1634, à peine âgé de 36 ans. Deux ans plus tard, il était. Elevé au grade de maréchal des camps et des armées du Roi, devenant ainsi l’égal  des plus grands seigneurs de la Cour. Mettant à profit cette vertigineuse ascension, il devait changer de nom et devenir le Comte De Troivilles, du nom des terres nobles achetées par son père en Soule. Bien que discrédité par Mazarin, il fit l’acquisition de la Baronnie de Montory et des villages de Laguinge, Restoue et Athérey.

 

Son domaine était immense et il fit construire entre1660 et 1663 d’après les plans de Mansart, le Château qui existe toujours à Troisvilles, propriété de la famille d’Andurain actuellement. Son ambition démesurée le poussa alors à racheter des droits de justice et d’impôts de la Vicomté de Soule. Ceci exaspéra les Basques qui se soulevèrent en 1661 emmenés par un curé, Bernard Goyeneche, plus connu sous le nom de Matalas. L’affaire finit mal pour les insurgés puisqu’ils furent écrases dans la plaine de Chéraute. Il faut reconnaître que cet épisode sanglant entache singulièrement le caractère exceptionnel du glorieux personnage que fut Monsieur de Troivilles, décédé en 1672 

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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 07:50
Issue d'un magazine historique anglais, voici en images l'évolution du baudrier du début du XVII jusqu'aux premiers vents de la révolution française. Ce descriptif concerne surtout l'équipement des soldats et officiers. Cependant, ces mêmes règles peuvent être appliqués aux civils. On constate la disparition très précose de la grenouille au profit du baudrier le plus fonctionnel. Le baudrier-ceinture avec grenouille a perduré plus longtemps dans le civil mais ne correspondait plus aux exigences de praticité, facilité de production d'une armée. On notera aussi l'apparition du passant pour la baïonette voir un baudrier dédié à celle-ci compagon de la giberne (cartouchière en cuir munie d'un baudrier) ou du gargousier (cartouchière en cuir munie d'un passant pour être fixé à la ceinture).

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baudriers3

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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 07:48
Toujours issus de vieux "tradition magazine", voici deux articles compilés sur l'épée du fantassin et le sabre des hussards aux XVII-XVIII siècles. De quoi parfaire, vos connaissances en la matière.

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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 14:42
1660-Louis-XIV.-Infanterie-Francaise.-Soldat.-Officiers.jpgVoici une série de trois articles issue de vieux Tradition magazine (n°1, n°5, n°9) consacrée à l'uniformologie des fantassins de l'armée française du XVIIième  et du XVIIIième siècles.
Les planches présentent de façon détaillée les armes à feu (arme de poing, mousquet, carabin,...), les armes blanches (épée, pique, hallebarde, corsèque, pertiusane...), les baudriers, gibernes et bien sur l'uniforme en lui-même. Une source d'inspiration pour vos reconstitutions de costumes militaires pour cette période. bonne lecture.


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